Inclusion ou exclusion ? La frontière naît avec l’idée d’inclusion et se termine par l’idée d’exclusion. Lorsque la limite est considérée comme frontière, elle est alors exclusion et mépris de l’altérité et de l’autre. Peut-on concevoir aujourd’hui un projet de mondialisation commerciale et en même temps une politique de barrières infranchissables qui séparent les peuples et les Etats ?

La frontière dans l’histoire a été un élément de séparation, prenant souvent une dimension d’opposition entre un monde civilisé et rassurant et un monde barbare. D’une certaine manière, c’est un mur. Un mur légal qui ne peut pas être franchi. Mais la frontière a aussi été un lieu de rencontre et de communication, qui permet l’échange de biens, devenant aussi un phénomène d’osmose, d’acculturation mutuelle et une occasion d’interaction.

Sur le problème de l’immigration, le Magistère, en particulier les Pape Ratzinger et Bergoglio, a souligné deux lignes qui sont complétées dans la recherche d’une solution pas simple mais nécessaire. Il s’agit de deux droits fondamentaux de toute personne, qui demandent à être abordés avec un engagement égal et convergent : le droit de rester dans son propre pays et de ne pas être contraint de le quitter par l’esclavage de la misère et de la guerre ; et le droit de quitter son propre pays, en l’absence des conditions minimales pour une vie digne. ” Les migrants sont nos frères et sœurs qui cherchent une vie meilleure loin de la pauvreté, de la faim et de l’exploitation ” (Pape François, Message Journée mondiale du migrant et du réfugié, 2016).

Certains, même parmi les catholiques, expriment de la perplexité face à une ouverture qui semble sans discernement. Il reste cependant un point sur lequel tout le monde est d’accord : le vrai mal n’est pas l’immigration mais l’injustice répandue dans le monde, qui la provoque.

A cela s’ajoute une narration agressive de certains médias qui exercent un véritable terrorisme psychologique, en surestimant le nombre de demandeurs d’asile, en les présentant comme dangereux et exploitant les ressources locales volées aux citoyens, en se focalisant sur des débarquements qui ne sont pas du tout le canal d’arrivée le plus important. Surtout, en opérant une inégalité évaluative entre immigrés riches et pauvres, ces derniers identifiés de manière dévalorisante et menaçante.